mercredi 1 septembre 2010

Les étapes de l'installation (suite)

Avril à juin : l'achat des tunnels

Comme vous avez déjà pu le lire, nous avons déjà réalisé notre premier investissement, à savoir l'acquisition de cinq tunnels froids que nous diviserons en deux, afin d'en faire dix. Ce sont des tunnels de marque Richel de 9 m 30 de large et presque 4 m de haut (au dessus de 4 m, il nous aurait fallu un permis de construire). Sur les cinq serres, deux d'entre elles ont des ouvrants latéraux à ouverture automatique, et les trois autres sont sans ouvrants.

Nous avons profité d'une liquidation judiciaire chez un maraîcher de la commune voisine pour pouvoir acquérir ce matériel de très bonne qualité et quasiment neuf, au prix de l'occasion. Cependant, l'histoire s'est révélée un peu abracadabrante :

Lors d'une liquidation judiciaire, le liquidateur doit d'abord publier un appel d'offres avec une date buttoir. Toutes les personnes intéressées déposent une offre ainsi qu'un chèque de caution. Au préalable, le lot est estimé (ici 20 000 €) et le liquidateur se fixe un seuil de réserve en dessous de ce prix, qui reste confidentiel. Si aucune des offres n'atteint ce seuil de réserve, le liquidateur recontacte tous les offrants pour faire monter les offres, et si malgré tout ce n'est pas suffisant, le lot part aux enchères. Dans ce dernier cas, le liquidateur prélève une commission sur la vente.

La procédure a été en réalité beaucoup plus sinueuse ! Entre l'offre que l'on n'a jamais retrouvée dans les journaux officiels, un sous-découpage des lots pour lesquels il fallait finalement acheter la totalité, des supposés offrants qui finalement n'existaient pas (ou comment faire monter les enchères...), un mystérieux offrant qui est apparu au dernier moment, avec une offre supérieure à la notre, mais pour la moitié du lot (prix du neuf !), un juge qui devait trancher entre les deux, et qui au final n'avait reçu que notre offre... et la secrétaire avec qui l'on était en relation qui au dernier moment ne travaille plus au cabinet du liquidateur ! Une véritable histoire de fous !

Mais au final, nous sommes bien propriétaires des serres. Au départ, nous étions sensés avoir un délai de trois semaines pour les démonter, mais, tout compte fait, nous n'avons aucun délai... mis à part le démarrage de notre activité ! Heureusement, car il y a de quoi faire...


Fin juin : le stage 21 heures

C'est la seule étape de formation obligatoire dans le Plan de Professionnalisation Personnalisé. Il s'agit de 3 jours d'échanges avec des intervenants de la profession, mais aussi avec d'autres jeunes en cours d'installation. 

Ces trois journées de formation sont animées par un viticulteur du Médoc depuis une vingtaine d'années. La plupart des participants sont souvent de futurs viticulteurs (et oui, c'est la région !). Cependant, au cours de cette cession, nous étions nombreux à nous installer en maraîchage.

Nous avons fait le tour de la situation de chacun, discuté des différents problèmes que l'on risquait de rencontrer (conflits de voisinage, de famille, répartition des taches, accès au foncier, commercialisation,...). Nous avons refait le point sur les démarches d'installation et sur les aides auxquelles nous avions droit. Plusieurs représentants de la MSA sont venus pour dédiaboliser leur institution et nous expliquer nos droits et nos devoirs. Nous avons également pu rencontrer des jeunes et moins jeunes installés, parler des difficultés rencontrées lors de l'installation, et des différences qui existent entre ce que l'on nous présente à la chambre d'agriculture et la réalité de l'installation.

Cela a surtout été l'occasion de rencontrer de futurs collègues et de discuter de la diversité des situations des uns et des autres. Trois jours assez sympathiques au final.

Juillet : le diagnostic Jeune Agriculteur

Avant la réalisation du dossier d'installation, il est possible de réaliser un diagnostic de projet auprès de l'ADAR (Association de Développement Agricole et Rural) afin de faire le tour de tout ce qu'il faut prendre en compte pour mener à bien le projet.

Nous n'avons pas réalisé un véritable diagnostic, faute de temps, mais cela nous a permis d'éclaircir certains points pour lesquels nous ne trouvions pas de réponse, et de soulever d'autres questions, auxquelles nous n'avions pas forcément pensé. Nous avons entre autre abordé : le statut de la société à créer, l'apport de capital, le financement du projet, les frais de création de la société, les questions de foncier (bail, loyer, dates à respecter, état des lieux), et les obligations comptables.

Juillet : les analyses de sol

Afin de mieux connaître les terres que nous allons cultiver et de raisonner la fertilisation à apporter, il est indispensable de réaliser des analyses de sol (qui plus est pour des agronomes), car nos légumes pousseront bien dans la terre, et pas dans de la laine de roche. Vive le Bio !

Pour des raisons de coût (plus de 100  € l'analyse !), et malgré l'hétérogénéité de nos parcelles, nous n'avons réalisé que deux analyses. Au préalable, nous avions effectué de nombreux prélèvement, sur toutes les parcelles afin d'avoir une idée de la diversité de nos sols, d'effectuer une première analyse visuelle de leur état, et de décider des parcelles à analyser prioritairement. Nous avons eu confirmation que les sols étaient très sableux et nous avons pu voir que certains sols étaient très appauvris en matière organique (l'une des parcelles ressemblait plus à un bac à sable enherbé qu'à un sol maraîcher).

Qu'a-t-on mesuré dans les analyses faites en laboratoire ?

Le pH, le taux de matière organique, de calcaire, phosphore, potassium, magnésium, calcium, sodium, la capacité d'échange cationique (capacité du sol à fixer les éléments nutritifs), le taux d'oligo-éléments (Cuivre, zinc, manganèse, fer), la granulométrie (pourcentage d'argile, limon et sable).
En conclusion, et nous nous en doutions, il va falloir apporter de très GROS volumes de fumiers et autres amendements.


A suivre : la certification Bio (avec photos des parcelles), la réalisation du Plan de Développement Economique, le baptême de labour (avec photo), l'approvisionnement en fumier, la prise en main du matériel... et le démontage des serres (toujours ouvert aux bonnes volontés).

3 commentaires:

  1. Félicitations pour votre projet, peut être fou mais auquel je crois beaucoup. Nous avons le plaisir de déguster des légumes bios depuis près d'un an vendus directement par le producteur via des paniers hebdomadaires et c'est un vrai délice de retrouver de bons goûts, de découvrir certaines variétés et de rechercher de nouvelles recettes. Physiquement, je pourrais pas vous aider à grand chose, mais si vous avez besoin d'idées au niveau de visuels à créer ou autres, n'hésitez pas. J'attends la suite des aventures avec impatience… Bises à vous deux. Laurence

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  2. Bonjour,
    je suis en cours d'installation, prévue pour juillet vers Millau.
    Mêmes soucis de sol mais pas même climat et pour les serres, bravo pour votre opération.
    A plus de vos nouvelles
    JC

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  3. Bon courage pour l'installation et n'hésite pas à poser des questions sur les démarches ou autre.

    Fanny et Adrien

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